SORTIR
DE LA LUTTE

Peut-être êtes-vous arrivé ici parce que vous pratiquez déjà l’aïkido.
Peut-être parce que vous traversez une période où quelque chose résiste.
Ou peut-être simplement parce que ces quelques mots, « Sortir de la lutte », ont éveillé en vous un écho.

Nous passons une grande partie de notre vie à lutter.
Contre les autres.
Contre les circonstances.
Contre ce qui nous échappe.
Et parfois même contre nous-mêmes.
Nous essayons de convaincre, de résister, de contrôler, de faire davantage.
Et pourtant, il arrive qu’au cœur même de cet effort, une autre possibilité se laisse entrevoir.

Non pas renoncer.
Non pas subir.
Mais apprendre à rencontrer autrement ce qui est là.
Une manière d’être en relation où la présence remplace la crispation.
Où l’écoute précède la réponse.
Où la justesse devient plus féconde que la force.

Depuis plus de vingt-cinq ans, cette recherche est au cœur de mon enseignement de l’aïkido.
Elle s’est enrichie de l’écriture, de la méditation et des rencontres avec celles et ceux qui, chacun à leur manière, cherchent à vivre autrement les situations de leur existence.
Sur le tatami, nous découvrons que la relation à l’autre transforme notre manière d’agir.
Dans le mouvement, nous expérimentons ce que deviennent la force, le contrôle, la résistance et la confiance lorsque nous cessons de les opposer.
Et peu à peu, ces expériences débordent du tatami.
Elles viennent rencontrer la vie.
Nos relations.
Nos choix.
Nos difficultés.
Notre manière d’habiter ce qui nous arrive.

C’est ce chemin que nous explorons ici.
À travers la pratique de l’aïkido, bien sûr.
Mais aussi à travers un livre, des rencontres, des réflexions et des expériences.

Vous n’avez peut-être pas besoin de tout cela.
Peut-être êtes-vous simplement curieux.
Peut-être cherchez-vous quelque chose sans savoir encore quoi.
Peut-être avez-vous envie d’essayer.
Ou peut-être préférez-vous simplement regarder.

Il n’y a rien à réussir ici.
Vous pouvez entrer par où vous voulez.
Et peut-être repartir avec quelque chose que vous n’étiez pas venu chercher.

Paul Versteven

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